Destruction étrange du laboratoire LAIC

Sommaire :

  1. Contexte, Direction du LAIC, Rapport d'Activité
  2. Restructuration Top-Down incomprehensible, monologues
  3. Positions des experts extérieurs et des EPST
  4. Bilan sans appel et interrogations

1. Contexte, Direction du LAIC, Rapport d'Activité

J'ai mis un moment à prendre pied dans l'IUT, enclavé dans l'université Clermont 1, et coupé des écoles d'ingénieurs et facs de sciences. Au départ, les représentants du CNRS à qui j'ai parlé m'ont dit : "il faut que tu fusionne avec le LIMOS". À l'époque, je venais d'arriver, et j'ai dit : "je ne vais rien faire avant d'avoir compris la situation". Les relations entre les deux universités étaint très polarisées (droite-gauche, et j'étais dans la fac de droite).

J'étais déjà face à un mobbing violent au sein de l'IUT pour tout ce qui touchait à mes enseignements, aux départementq Informatique et Réseaux & Télécommunication, et à la commission de spécialiste 27. Je n'avais pas de strapontain dans le M2 recherche pour pour les financements de thèse. L'ensemble rendait la simple survie en matière de recherche très difficile...

J'ai pris la direction du laboratoire parce que mon prédécesseur ne faisait rien, et surtout, n'obtenait rien. j'ai rédigé en urgence le rapport d'activité. Je n'ai pas été informé de la venue du comité de la MSTP (peau de banane ?), et j'ai eu un rapport d'évaluation fortement péjoratif avec un C (la pire note possible), que j'évalue comme ça :

Un tissu de ragots et de stéréotypes immonde.

Je n'ai malheureusement pas conservé ce monument de connerie, mais il mérite de passer à la postérité...

2. Restructuration Top-Down incomprehensible, monologues

Toujours est-il que j'étais en mauvaise posture pour négocier les ré-organisations qui ont suivi. En général, pour les ré-organisation de structures de recherche, le discours, c'était plutôt comme ça :

Autrement dit : "organisez-vous à l'échelle du site et dépassez les frontières entre les deux universités Clermontoises. Ces chamailleries sont illisibles vues de Paris". J'étais tout à fait d'accord  ça faisait un moment que je faisais des réunions avec les directeurs de laboratoires du site (structuration SPI (1) et structuration SPI (2)) pour parler du "Pôle Régional d'Enseignement Supérieur" (PRES), et j'ai proposé ça.

Mais la volonté du président, c'était genre :


Vidéo :1. Discours du président de l'UdA : Présentation du PRES
Posted Aug. 2008 from Université d'Auvergne on Vimeo.

Comme d'habitude, ils on parlé à ma place en disant : "Rémy se rend pas compte qu'on ne peut pas travailler tout seul et qu'il faut se regrouper"... Ils ont trouvé un bon petit soldat pour me savoner la planche en interne, qui arrivait avec son costume dans les réunions du labo et disait pompeusement "Je viens de la Présidence et j'ai entendu qu'il falait faire ça". Les autres étaient passifs. Dans les réunions avec Eschalier, on se faisait traiter à longueur de temps de "fondamentaliste" (c'est quand-même le niveau zéro...). Et on a obtenu ça.

Après, ils sont allés encore plus loin, en décidant que le laboratoire serait structuré par spécialités médicales, ce que me laissait le choix (ainsi que le gros des troupes de mon labo que n'avait jamais spécialement travaillé sur les applications santé...) entre émarger dans la spécialité cardiologie, gynécologie, ou neurochirurgie. À ce moment là, je ne suivait plus vraiment : c'était surréaliste.

3. Positions des experts extérieurs et des EPST

Tous les experts en structuration qui sont venus aux frais de l'université, y compris les sépcialistes d'informatique fondamentale, ont applaudi en disant "c'est ça qu'il faut faire !". J'en revenais pas...

Et j'ai dit ça (en application de mon statut, article 2 et article 4). J'ai fait comprendre à la présidence que ça ne serait pas discuté, et qu'il valait mieux que mon statut soit respecté (sinon, j'aurais fait du foin...)

Ils ont été super bien évalués (note A+) et ils ont obtenu double label CNRS et INSERM et, là non plus, je n'en revenait pas qu'on labellise comme ça un laboratoire de cette taille. Ça paraissait complètement hérétique... Le jour de la fusion des universités, et conformément à mon pronostic, la structure "Image science for interventional techniques" (ISIT) a implosée sous l'effet des pressions internes, et en l'absence de pressions externes. Elle n'est plus, et on en trouve des morceaux ici ou là.

4. Bilan sans appel et interrogations

Mon évaluation : c'est un immense gâchis humain, des carrières entravées ou brisées, un gaspillage de resources honteux, et c'est absolument indéfendable. Il y a une seule explication à peu près logique, c'est par rapport à ça : le CHU était, parait-il, sur la scelette. Dans tous les cas, la fin ne justifie absolument pas les moyens.


Vidéo 2. Alain Eschalier : pour accéder au mécénat
Il faut constituer une Fondation de Coopération Scientifique
Budget plancher (non consommable) : 1 500 000 €...

Vidéo 3. La Fondation Crédit Agricole Centre France mécène d'eDOL,
projet de l'Institut ANALGESIA

Figure 1. Le directeur de l'UMR Neuro-Dol R. Dallel,
le Président de l'UCA Mathias Bernard,
le Président de l'association Auverbrain P.  Luccarini,
et le Serment d'Hippocrate

Tout du long, la communication de la présidence parle d'un mouvement bottom-up de chercheurs enthousiastes qui décident spontanément de travailler et de s'organiser ensemble. Mon opinion est que ça n'est ni réaliste, ni crédible, compte tenu des profils des chercheurs. Il n'y a pas eu la moindre ouverture pour discuter d'un rapprochement avec les UMR du secteur SPI.

Comme je l'ai clairement dit à l'ensemble du comité d'évaluation AERES pour le LIMOS lorsque j'ai intégré celui-ci,

"la première fois que j'ai entendu parler de ce 'mouvement bottom-up', j'étais dans le bureau du président de l'université d'Auvergne. J'ai l'impression de ne pas comprendre grand chose aux questions de structuration, et par rapport à l'évaluation du LAIC de la dernière fois, peut-être que, vous qui êtes experts, vous pourriez m'expliquer ? Les voies des experts sont parfois pour moi impénétrables...".

Au cours de la même visite du comité AERES, le coCNRS m'a dit : "pour le CHU, c'est acté". Je constate qu'à ce jour, le CHU existe encore...

Mais par rapport à ce qui s'est passé par la suite, j'ai une question qui me tarraude :

À partir de quand est-ce que le CNRS et l'INRIA
ont décidé que je ne sortirai jamais de mon trou ?